
À l’invitation de Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois et ministre des Affaires étrangères, le ministre des Affaires étrangères du Myanmar, Tin Maung Swe, effectuera une visite officielle en Chine du 4 au 6 juin.
Le Quotidien du Peuple : Le ministre des Affaires étrangères du Myanmar, Tin Maung Swe, effectuera une visite en Chine. Comment la Chine perçoit-elle ses relations actuelles avec le Myanmar ? Quelles sont les attentes de la Chine à l’égard de cette visite ?
Mao Ning : La Chine et le Myanmar sont des amis de longue date, des voisins et forment une communauté d’avenir partagé. Depuis l’établissement des relations diplomatiques il y a 76 ans, les deux parties ont perpétué l’amitié « Paukphaw », ont respecté les cinq principes de la coexistence pacifique qu’elles ont défendus conjointement, se sont soutenues mutuellement contre vents et marées et ont approfondi continuellement leur coopération stratégique globale, apportant ainsi des avantages concrets aux peuples des deux pays.
Après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement du Myanmar, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi s’est rendu en visite dans ce pays fin avril. Au cours de cette visite, les deux parties ont eu des échanges approfondis et sont parvenues à un consensus positif sur l’approfondissement des relations amicales et la promotion d’une coopération pragmatique dans divers domaines. La visite à venir sera le premier déplacement en Chine du ministre des Affaires étrangères Tin Maung Swe depuis son entrée en fonction et marquera un échange de visites entre les deux ministres des Affaires étrangères en très peu de temps, ce qui témoigne clairement de la volonté politique et de l’attitude positive des deux parties d’approfondir la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Myanmar. À l’occasion de cette visite, la Chine espère discuter avec le Myanmar des moyens d’approfondir la coopération dans le cadre des quatre grandes initiatives mondiales et d’obtenir davantage de résultats concrets dans la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Myanmar.
CGTN : Après que la partie chinoise a réfuté lundi les propos tenus par le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, au sujet de la Chine, le porte-parole du ministère japonais de la Défense a répondu lors de la conférence de presse d’hier que la Chine avait « réitéré des allégations sans fondement ». Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Mao Ning : Les soi-disant « faits » avancés par le Japon, qui relèvent de l’évasion et de l’auto-illusion, ne sont rien d’autre qu’un camouflage de sa remilitarisation. La partie japonaise reste muette sur l’invasion militariste et les crimes de guerre, et encore moins sur les obligations du Japon en vertu du droit international. À ce jour, le Japon n’a jamais procédé à un examen de conscience approfondi de son histoire. Aujourd’hui, il trompe l’opinion publique japonaise et la communauté internationale en confondant les concepts : il présente ses déploiements militaires à l’étranger comme l’exercice de son droit à l’autodéfense collective, minimise son renforcement des capacités offensives en le qualifiant d’acquisition de capacités de contre-attaque, et dissimule ses exportations d’armes létales sous le couvert de la soi-disant coopération technologique en matière d’équipements.
Les chiffres ne mentent pas. Jouer sur les mots ne permet pas de dissimuler le réarmement du Japon. Plus le Japon s’efforce de le cacher, plus la communauté internationale doit être très vigilante.
AFP : Le Premier ministre des Îles Salomon, Matthew Wale, a déclaré mercredi qu’il allait réexaminer l’accord de sécurité secret conclu en 2022 entre son pays et la Chine. Le ministère des Affaires étrangères a-t-il un commentaire à faire à ce sujet ?
Mao Ning : La Chine et les Îles Salomon sont des partenaires stratégiques globaux, fondés sur le respect mutuel et le développement commun dans la nouvelle ère. Nous sommes prêts à travailler avec le nouveau gouvernement des Îles Salomon afin d’élargir la coopération pragmatique dans divers domaines et d’apporter plus d’avantages aux peuples des deux pays.
China-Arab TV : Tôt ce matin, l’armée américaine a mené des frappes aériennes contre l’île iranienne de Qeshm. L’Iran a déclaré avoir riposté en attaquant des bases américaines au Moyen-Orient. Des sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs pays du Golfe. Quel est le commentaire de la Chine sur l’escalade des tensions au Moyen-Orient ?
Mao Ning : La Chine est gravement préoccupée par la situation actuelle. La poursuite des combats ne sert les intérêts d’aucune partie. Nous espérons que les parties concernées sauront saisir cette opportunité de paix, respecter les engagements en matière de cessez-le-feu, maintenir la dynamique des négociations, s’en tenir au règlement des différends par des moyens politiques et diplomatiques, et parvenir rapidement à un cessez-le-feu global et durable, afin de créer les conditions nécessaires au rétablissement de la paix et de la tranquillité au Moyen-Orient et dans la région du Golfe.
Hubei Media Group : Selon les médias africains et de la région de Taiwan, avant et après la visite de Lai Ching-te en Eswatini, les autorités du Parti démocrate progressiste (PDP) ont octroyé à ce pays une aide financière d’environ 25 milliards de nouveaux dollars taiwanais, et ont promis que les revenus générés par les projets concernés reviendraient intégralement au roi et à la famille royale. Les représentants de Taiwan en Eswatini en tireront également profit. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Mao Ning : Les informations publiées démontrent une fois de plus que le gouvernement de Lai Ching-te, dans le but de servir ses propres intérêts égoïstes en faveur de l’« indépendance de Taiwan », se livre aux activités de corruption, de collusion et d’abus de pouvoir à des fins mercantiles par le biais de la « diplomatie du dollar », dilapidant ainsi l’argent durement gagné par la population taiwanaise. Cela a coûté très cher à la population taiwanaise, l’équivalent de plus de 1 000 nouveaux dollars taiwanais prélevés sur chaque habitant de Taiwan. En maintenant les « liens diplomatiques » avec l’Eswatini, les forces sécessionnistes visant l’« indépendance de Taiwan » ne visent pas à apporter de réels avantages à la population, mais à remplir les poches d’une poignée de personnes qui en tirent profit. Il s’agit d’une mise en scène politique imprégnée de cupidité et de corruption.
Le principe d’une seule Chine est un consensus général de la communauté internationale et une norme fondamentale régissant les relations internationales. Cette année, la Chine a accordé le traitement de tarif douanier zéro aux pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec elle. Il s’agit là d’une nouvelle opportunité pour les pays africains d’accroître leurs exportations vers la Chine et de développer leurs économies. Cela a apporté des avantages concrets aux peuples chinois et africain. L’Eswatini est le seul pays d’Afrique à entretenir encore des soi-disant « relations diplomatiques » avec Taiwan. S’associer aux forces sécessionnistes visant l’« indépendance de Taiwan » n’a aucun avenir. Cela ne fera que faire passer à côté d’opportunités de développement et les mènera à l’isolement international.

CNR : Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans 15 secteurs clés, dont la construction automobile, la construction navale et l’énergie solaire, près de 60 % des gains de parts de marché mondiales enregistrés par les entreprises chinoises depuis 2005 peuvent être attribués aux subventions qu’elles ont reçues. Le rapport indique que les subventions mondiales se sont élevées à 108 milliards de dollars en 2024, dont 52 % provenaient de Chine. Le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, a déclaré que des subventions industrielles importantes et persistantes peuvent fausser les marchés mondiaux, créant des avantages concurrentiels déloyaux et contribuant à une surcapacité de production. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : La compétitivité des entreprises chinoises ne repose pas sur des subventions, mais sur une concurrence de marché hautement développée, une innovation technologique constante, leur présence mondiale et l’avantage que leur confère l’immense marché chinois. La politique chinoise en matière de subventions industrielles s’en tient aux principes d’ouverture, d’équité et de respect des règles, et s’inscrit strictement dans le cadre des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les subventions industrielles sont couramment utilisées dans le monde entier. Ce qui importe, c’est de savoir si elles sont conformes aux règles de l’OMC. Nous espérons que cette organisation internationale jouera un rôle constructif plutôt que l’inverse.
Reuters : L’enquête au titre de l’article 301 a conclu que 60 économies, dont la Chine et Hong Kong, n’avaient pas réussi à interdire le « travail forcé » dans leurs processus de production. L’administration Trump prévoit donc d’imposer des droits de douane supplémentaires de 10 % ou 12,5 % sur les produits importés de ces économies. Quelle est la réponse de la Chine à cette mesure ? (Question similaire posée par Bloomberg)
Mao Ning : La Chine s’est toujours opposée à toute forme de mesures tarifaires unilatérales. Les guerres tarifaires et commerciales ne servent les intérêts d’aucune des parties. Les questions économiques et commerciales doivent être réglées par le dialogue et la consultation, sur la base de l’égalité, du respect et du bénéfice mutuel. Il n’existe pas de « travail forcé » en Chine, et nous nous opposons à ce que cela serve de prétexte à des manipulations politiques.
Agence de presse Xinhua : Le porte-parole du Département d’État américain a déclaré que l’administration américaine actuelle était fermement attachée à la liberté d’expression et qu’elle n’accepterait pas que la Chine continue de ne pas faire preuve de réciprocité dans le traitement réservé aux médias américains. La Chine impose depuis longtemps des restrictions aux journalistes américains et aux autres journalistes étrangers présents sur son territoire. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?
Mao Ning : Mon collègue a déjà exposé la position de la Chine sur ces questions. La partie américaine a évoqué la question de la « réciprocité », mais c’est en réalité la Chine qui s’en préoccupe. Ce sont les États-Unis qui sont à l’origine du problème concernant les médias. Depuis que les deux parties sont parvenues à un consensus en trois points sur cette question, la Chine l’a intégralement mis en œuvre et a facilité le travail des journalistes américains en Chine, notamment en matière d’octroi de visas, alors que le droit des journalistes chinois à exercer leur métier a été sévèrement restreint. Pratiquement aucun journaliste chinois n’est autorisé à poser des questions lors des points de presse à la Maison Blanche. Leurs demandes de visa ou de permis de séjour sont souvent retardées sans explication. De nombreux journalistes ont été contraints de retourner en Chine. Les demandes de reportage de courte durée des journalistes chinois sont rarement approuvées. Est-ce cela que la partie américaine entend par « réciprocité » ?
Les États-Unis prétendent défendre la liberté d’expression, mais les médias chinois présents sur leur territoire se voient affublés d’étiquettes politiques telles que « agent étranger » ou « mission diplomatique étrangère ». S’agit-il là de la soi-disant liberté d’expression que les États-Unis défendent ?
Les États-Unis doivent mettre en œuvre par des mesures concrètes le consensus atteint par les deux parties et garantir les droits et intérêts légitimes des journalistes chinois dans le cadre de leur travail et de leur vie quotidienne aux États-Unis.
AFP : L’Union européenne (UE) va publier aujourd’hui un plan visant à réduire la dépendance vis-à-vis des technologies américaines et asiatiques et à soutenir les produits numériques européens. Ce plan prévoit l’adoption de nouvelles réglementations dans les domaines des puces électroniques, du cloud computing et de l’intelligence artificielle. Quel est le commentaire du ministère des Affaires étrangères à ce sujet ?
Mao Ning : La Chine estime depuis toujours que les questions économiques et commerciales doivent être résolues de manière appropriée par le dialogue et la communication. Dans le même temps, nous espérons que l’UE respectera les principes fondamentaux de l’économie de marché, tels que le libre-échange, la concurrence loyale, l’ouverture et la coopération, s’abstiendra de recourir à des mesures protectionnistes et restera attachée au dialogue et à la consultation pour résoudre les différends et les préoccupations respectives.
Reuters : China Southern Airlines a inauguré lundi des vols directs de passagers entre Urumqi et Francfort. Il s’agit d'une liaison aérienne rare entre le Xinjiang et l’Europe. Cette nouvelle liaison aérienne aiderait-elle la Chine à mieux rapatrier les Ouïghours vivant à l’étranger ?
Mao Ning : Je ne connais pas les détails de la nouvelle liaison aérienne que vous mentionnez. Je pense que son objectif est de faciliter les voyages et la compréhension mutuelle. Je ne sais pas d’où vous tirez cette question insolite. La Chine s’est toujours opposée à toute manipulation politique des questions liées au Xinjiang.
